L’intrusion du digital
Il parait qu’aujourd’hui, pour travailler dans la communication digitale, il est primordial d’avoir de fait une identité numérique. Il est certain qu’il vaudrait mieux que votre boss, en vous googlelisant ne vous retrouve pas, plutôt que ne glane une série d’informations, voire de contenus compromettants à votre égard.
Cependant, il est encore plus douteux de vouloir travailler dans le secteur sans avoir un Facebook / Twitter / Viadeo / Linkedin / blog ? Je n’arrête pas de l’entendre et de l’expérimenter au fil de mes expériences. “Ce doit être une débutante, je ne l’ai pas trouvé sur Google” ai-je encore surpris au détour d’un couloir venteux, récemment lors du recrutement d’une future collaboratrice. On ne nous demande plus simplement de comprendre mais de prendre part à la discussion. On n’achète plus simplement nos compétences mais bien nos connexions (pour ne pas dire vulgairement notre carnet d’adresses). Rester simple spectateur ne suffit plus pour s’imposer, il faut également mettre sur la table sa voix, un véritable point de vue, ah non mieux, une visibilité, un poids, une présence pour entrer à pied joint dans un réseau. Réseau qui lui même va confirmer notre valeur, légitimité d’un domaine d’expertise dans lequel on souhaite être reconnu.
Le web d’aujourd’hui est un web collectif (là je ne parle pas d’UGC mais bien d’un rapport de soi par rapport aux autres) un jeu d’équipe où le “je” existe parmi un ensemble de nous qui vous feront exister selon la ligne directrice qu’on lui donne. Même si l’on joue pour soi-même, la reconnaissance par nos paires est indispensable pour emmerger dans le milieu souhaité.
Cela fait plusieurs années que je blogue, pourtant, jamais je n’ai exprimé réellement mon opinion sur l’environnement dans lequel j’évolue au quotidien. Si j’expose d’autres propos que ceux que je tiens sur un autre support (plus culturel), c’est pour mettre en exergue une expertise qui ne se voit que si j’en parle. Digitalement parlant, pour vivre reconnu, vivons en nous exprimant.